Blog citoyen de CAP Action Solidarité, actif sur Clohars Carnoet et la Cocopaq, sur le développement durable et solidaire, la culture, la vie associative et politique
Nous tenterons dans cet article et les suivants de tirer quelques enseignements sur la situation laissée par l'ancienne municipalité et sur les marges de manœuvre de la nouvelle.
Merci aux lecteurs de tous bords qui constateraient des erreurs de nous le faire savoir.
Il est bien évident également que les chiffres ne sont pas tout et qu'il est au moins aussi important de connaitre le retour qualitatif d'une dépense que son montant.
Il n'en reste pas moins que l'on fait rarement une bonne politique avec de mauvaises finances.
La plupart des tableaux seront présentés sur la période 2002-2007 et les données de Clohars-Carnoët comparées à ceux de la moyenne de sa strate (cliquez là pour lire l'article précédent qui définit ce terme)
| (en euros) | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | Evolution en % |
| Clohars | 746 | 739 | 748 | 770 | 776 | 881 | 18,1% |
| Moyenne de la strate | 697 | 697 | 721 | 747 | 743 | 787 | 12,9% |
Les dépenses de fonctionnement de la commune ont évolué plus fortement que celles de la moyenne. Clohars Carnoët avait un budget de fonctionnement qui lui était supérieur en 2002 et l'écart s'est encore accru en 2007.
Evolution des frais de personnel par habitant
| (en euros) | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | Evolution en % |
| Clohars | 282 | 296 | 306 | 322 | 345 | 364 | 29,1% |
| Moyenne de la strate | 292 | 306 | 318 | 336 | 350 | 365 | 25,0% |
Les frais de personnel, qui représentent le plus gros des dépenses de fonctionnement ont augmenté de façon très importante (près de 30% en 6 ans). Alors que Clohars se situait en dessous de la moyenne en 2002, il se trouve au même niveau que celle-ci en 2007.
Il est probable que les embauches supplémentaires décidées en 2008 ont confirmé la tendance..
On voit, en regardant l'évolution de la moyenne de la strate, que les frais de personnel progressent partout à un rythme supérieur à celui du budget de fonctionnement. On trouve là l'explication de la notion de «panier du maire » (cliquez là).
Pour d'autres ratios , concernant les dépenses de fonctionnement, cliquez là.
Evolution des recettes de fonctionnement par habitant
| (en euros) | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | Evolution en % |
| Clohars | 826 | 893 | 914 | 952 | 976 | 1101 | 33,3% |
| Moyenne de la strate | 796 | 826 | 855 | 878 | 896 | 918 | 15,3% |
Les recettes de fonctionnement ont progressé de façon considérable à Clohars Carnoët.
Alors que celles-ci se situaient à peine au dessus de la moyenne de la strate en 2002, elles sont maintenant nettement au dessus. Alors que, en moyenne, les recettes progressent moins vite que les dépenses, le contraire se produit dans la commune.
Une première explication tient au fait qu'un certain nombre de recettes viennent de la vente de « Produits de cession d'immobilisation », en général des terrains. En 2007, par exemple, ces recettes ont représenté 431 000 €. De telles recettes sont, par nature, exceptionnelles et s'assimilent à de la « vente des bijoux de famille ».
La commune se trouve en effet sans réserves foncières, qu'il faudra bien reconstituer, si l'on veut construire des logements sociaux et des équipements publics.
Afin de permettre une comparaison des résultats nous avons enlevé, dans le tableau qui suit, ces recettes particulières.
| Evolution des recettes corrigées de fonctionnement par habitant | |||||||
| (en euros) | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | Evolution en % |
| Clohars | 808 | 867 | 904 | 940 | 965 | 992 | 22,8% |
La progression des recettes se trouve nettement atténuée , mais encore supérieure à celle des dépenses de fonctionnement. On en cherche les causes, et on les trouve dans le dernier tableau ci-dessous.
Evolution des recettes liées aux impôts locaux par habitant
| (en euros) | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | Evolution en % |
| Clohars | 371 | 396 | 418 | 438 | 463 | 489 | 31,8%
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| Moyenne de la strate | 254 | 269 | 279 | 293 | 302 | 314 | 23,6%
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La principale source de revenus de la commune se trouve dans les impôts locaux qu'elle perçoit. Ce n'est pas le cas, par exemple, de Quimperlé pour laquelle la principale source de revenus est la taxe professionnelle qui lui est reversée par la Cocopaq sous forme d'un forfait non revalorisé depuis 2002, ce qui est la cause principale de ses problèmes de financement.
Dans la commune, les recettes dues aux impôts locaux ont augmenté de 31,8% en 6 ans sans que le contribuable ait le sentiment d'avoir été pressuré, les taux n'ayant augmenté en moyenne que légèrement au dessus de l'inflation
L'explication se trouve dans le fait que des recettes supplémentaires ont été générées par le nombre important de constructions nouvelles, notamment en résidence secondaire, sorties de terre pendant la précédente mandature..
C'est un pactole qui va s'épuiser en raison de la crise immobilière et surtout en raison, souligné par le SCOT, de l'impossibilité de continuer à consommer un espace précieux dans les zones littorales.
On pourra constater, en cliquant là, que l'évolution des autres recettes ne permettra pas, loin de là, de compenser ce pactole en voie de disparition.
Conclusion partielle
En raison d'un surcroit de recettes générées par l'immobilier, la commune a disposé d'un budget de fonctionnement important. Ces recettes s'épuisent et il faudra probablement en chercher d'autres du côté de l'augmentation des impôts locaux, tout en limitant les dépenses de fonctionnement à l'essentiel. Reste à savoir si ces recettes ont aussi permis d'investir pour le futur. C'est ce que nous verrons dans le prochain article
