Blog citoyen de CAP Action Solidarité, actif sur Clohars Carnoet et la Cocopaq, sur le développement durable et solidaire, la culture, la vie associative et politique
Les événements qui se sont produits à la Maison Henry et qui ont abouti au licenciement malheureux de la responsable du lieu, Anne Marie Chiron, ont mis en avant ce haut lieu de la culture cloharsienne
Historique du lieu
Marie Henry s'installa dans les années 1887-88 au Pouldu en construisant une auberge sur la dune, sur le passage des goémoniers et sur le chemin très fréquenté entre le bas Pouldu et le bourg.

Cette auberge deviendra le refuge de nombreux peintres à l'invitation du commandant douanier Jacob, natif de la région qui suggéra à Paul Gauguin, installé alors depuis quelques mois à Pont Aven, de venir faire un tour au Pouldu (50 habitants !) pour y chercher une autre inspiration.
Les murs de la salle à manger décorés par Gauguin et Meyer de Haan d'octobre à décembre1889, ont été découverts en 1924 sous plusieurs couches de tapisserie par la nouvelle propriétaire des lieux. En effet cette auberge à la réputation sulfureuse avait été vendue en 1920 par Marie Henry à des particuliers qui l'avaient complètement transformée.
(Meyer de Haan - Marie Henry allaitant son enfant)
Ces œuvres sont aujourd'hui sous haute protection dans les plus grands musées du monde.
Pour fêter le centenaire de la venue de Gauguin et de ses amis au Pouldu en 1989 la municipalité cloharsienne a fait l'acquisition pour 800 000 francs de la maison actuelle très proche de la « maison-mère » et construite sur les mêmes plans que l'auberge originelle. Le décor de la salle à manger a alors été reconstitué.
Celui-ci pourrait faire l'objet d'un classement par le ministère de la Culture car il est unique en Europe et révélateur de la philosophie du groupe des « Synthétistes » (celui créé par Gauguin et ses amis peintres au Pouldu).
Ce décor est sur des murs communaux et ont été payés par la municipalité pour un montant de 160 000 Francs (travaux sur l'existant) et 200 000 francs pour des travaux sur extension en 1990. (NDRL : ces montants sont à apprécier en référence à l'époque concernée)
Cette maison et ce qu'elle contient appartient donc au patrimoine des Cloharsiens.
C'est l'association des amis de Gauguin d'abord puis des amis de la Maison Marie Henry qui gère cette reconstitution de la Buvette de la Plage au Pouldu depuis 1992.
Dès le début la municipalité a subventionné largement ce lieu : les deux premières années les emplois temporaires créés pour assurer les visites et la gestion ont été directement gérés par la Mairie. Devant les charges lourdes que cela occasionnait le conseil municipal du 31 mai 1991 a décidé :
« d'ouvrir la maison Marie Henry avec un projet moins ambitieux mais permettant de garder un certain niveau culturel en limitant la dépense de fonctionnement.............
Le budget provisionnel présenté par le Maire paraît excessif. Les dépenses consacrées à la rémunération du documentaliste et aux frais de retour de » de Gauguin apparaissent trop élevés.
Sous ces réserves le conseil Municipal accepte de reconduire encore cette année (1991, NDRL) l'expérience de la Maison Marie Henry.
L'association qui sera reconstituée devra être contrôlée dans ses engagements de dépense ».
Une convention a été signée entre l'association des Amis de la Maison Marie Henry et la commune en 1992 « pour mise à disposition des locaux du 15 juin 92 au 15 juin 93, susceptible de reconduction après avis favorable du conseil prise avant le 1er avril " » (Conseil Municipal du 25 juin 1992).
Cette convention qui devait être renouvelée tous les ans avant le 1 er avril, ne l'a en fait été à notre connaissance qu'une fois depuis cette date, l'année suivante en 1993.
Depuis cette date il a fallu attendre le Conseil Municipal du 15 juillet 2004 pour voir une nouvelle signée. Cette convention était valable pour 3 ans, de 2004 à 2006
Depuis, plus rien.
Aujourd'hui

Beaucoup de Cloharsiens n'ont pas encore pris conscience de l'importance de ce lieu dans l'évolution de la peinture en France et dans le monde. Le travail entrepris essentiellement depuis 2007 par la responsable de la maison Marie Henry commençait à faire émerger ces données négligées jusque là.
A la veille de l'anniversaire des 120 ans du passage de Gauguin dans la commune il serait temps de savoir comment, à l'heure actuelle, la municipalité veut gérer ce site et comment elle souhaite l'intégrer dans un projet culturel global visant à donner à Clohars Carnoët l'éclat que la commune doit avoir.
En lien avec les autres lieux mythiques de Clohars (l'abbaye Saint Maurice, le site de Doëlan, le passé mégalithique de la commune), cette maison remarquable complète le patrimoine culturel de Clohars et les Cloharsiens peuvent en être fiers.
Reste à le valoriser...............
Dans un esprit de concertation et d'échanges la municipalité doit jouer pleinement son rôle.