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Blog citoyen de CAP Action Solidarité, actif sur Clohars Carnoet et la Cocopaq, sur le développement durable et solidaire, la culture, la vie associative et politique

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Elle doit vivre

  Plusieurs adhérents de CAPAS ont participé samedi 5 septembre à la randonnée proposée par la nouvelle association l’Ellé vivante (cliquez là) suivie d’une conférence de Jean-Claude Pierre, l’emblématique secrétaire de l’association Nature et Culture  (cliquez là ).

Petit compte rendu, ...


150 personnes s’étaient  donné rendez vous à 18 heures sur le site de Kerangoarec pour se rendre compte concrètement de l’impact du projet de carrières sur la vie de l’Ellé et de la campagne avoisinante.


On apprend  d’abord que deux sociétés différentes, le groupe  Pigeon et Eurovia, filiale de Vinci, leader européen des travaux routiers, veulent exploiter des filons (c’est le cas de le dire) de mylonite (cliquez là) pour en faire des granulats, « matériau granulaire utilisé en construction. » (routes, voirie ferroviaire, fabrication de béton).


Ils entendent le faire au travers de deux carrières distinctes et voisines mobilisant à elles deux environ 40 ha de terres agricoles situées à 200 m d’une boucle de l’Ellé.

Les nuisances les plus importantes pour les riverains seraient : le bruit (explosions), la poussière et la circulation des camions.



Plus bas, un membre de Bretagne Vivante  nous indique avoir été contacté pour examiner la biodiversité sur le territoire et les risques qu’elle pourrait courir si les carrières s’installaient.

Pour lui, il y a peu de risque car la biodiversité est déjà tellement faible, en raison des pesticides présents et de l’absence de bocages, que celle-ci ne peut s’appauvrir encore davantage.


Il indique que, même si la carrière ne se fait pas, il faudra apporter de sérieuses réponses à ces problèmes sur le territoire.


Encore plus bas, un spécialiste indique avoir découvert les vestiges d’un site archéologique dans un bois environnant. Il est persuadé que ce site se poursuit sous les terrains prévus par la carrière.


Ceci n’est cependant pas de nature à empêcher les exploitations : s’il y a présomption de sites, l’exploitant devra payer les travaux de recherche et si un site est découvert, les fouilles auront lieu, puis l’exploitation pourra démarrer.


La descente se poursuit par un large chemin.


Un bois sur la droite illustre parfaitement la différence que fera plus tard Jean-Claude Pierre entre « cultiver » et « exploiter » : ce bois a été exploité, les châtaigniers remplacés par des pins devenus malades, puis le terrain a été vendu et laissé en l’état.

 

Bois abandonné

A la place des champignons et des animaux,  ne prospèrent plus guère  que les mûres.


Dernière étape avant l’Ellé, nous voyons, de l’autre côté de la rivière, un bâtiment flambant neuf. Il s’agit d’une ........ porcherie, installée, avec toute la discrétion voulue, il y a deux ans.


(Notons quand même que cette porcherie a obtenu toutes les autorisations nécessaires et l’aval de Eaux et Rivières).

 


Nous voici arrivés à l’Ellé. Les pêcheurs évoquent des  temps pas si anciens où l’on pouvait voir de nombreuses frayères à saumons .

Ne subsiste  plus qu’une frayère à lamproies.


Sur la rivière, l’on peut voir défiler une mousse blanche.

Mousse blance sur l'Ellé

S’agit-il simplement d’écume, de produits de nettoyage de légumes, de détergents. ?

Certains parlent de la CEPAQ au Faouët (Conserverie Morbihannaise).


Il faudra éclaircir ce point.


Nos amis de l’Ellé Vivante expliquent alors quels sont les pollutions majeures que pourraient apporter les carrières à la rivière: l’acidité et le déversement de sable, qui étouffent la rivière comme à Guilligomarc’h.


Il est temps de remonter et de se rendre (eh oui, en voiture) vers le centre culturel d’Arzano où nous attendent une soupe de poisson et Jean-Claude Pierre.


Auparavant, Dominique Avelange, le président de l’association Ellé Vivante nous indique que l’association compte déjà 160 membres. Succès foudroyant qui montre que l’association répond à un réel besoin.

Le prix de l’adhésion est de 5 €. Les associations peuvent adhérer en tant que telles.


L’association, bien loin du syndrome NIBY ("not in my backyard - pas dans mon jardin en français") (cliquez là) , veut se battre, de façon globale, pour préserver la rivière sur les trois départements où elle s’étend.


Ce serait une victoire bien misérable si les carrières ne se faisaient pas à Kerangoarec mais ailleurs, avec des dégâts équivalents sur l’environnement.


« Quelle terre laisserons nous à nos enfants », c’est le thème développé par cet inlassable défenseur de l’eau et du développement durable et solidaire qu’est Jean-Claude.


De sa très riche et émouvante conférence, l’on retiendra les points suivants :


  • La terre et l’eau sont les éléments essentiels de la vie. Supprimer une terre agricole c’est enlever la possibilité, pour toujours, de nourrir des êtres humains.
  • La terre doit être considérée comme une « matrie », bien de tous et nourricière
  • La France et la Bretagne en particulier sont très consommateurs d’espace agricole. Tous les ans disparaissent en Bretagne (4 millions d’habitants) 85 km² de terre (21,25 m² par habitant) contre 250 km² en Allemagne pour 82 millions d’habitants  (3,1 m² par habitant)
  • Une terre doit être cultivée (entretenue) et non exploitée (appauvrie)
  • Le marché, qui est aveugle, ne peut pas tout accaparer.
  • Les deux pollutions majeures sont des pollutions de l’esprit : l’indifférence et la résignation : les seuls combats que l’on est sûr de perdre sont ceux que l’on n’engage pas.

En réponse à différentes questions, il indique :


  • qu’il est tout à fait possible d’économiser les matériaux dont la construction a besoin . En France, 5% des matériaux de déconstruction sont réutilisés contre 70% en Suisse. Il est aussi possible d’utiliser beaucoup plus un matériau renouvelable comme le bois.
  • qu’il est tout à fait possible d’éliminer les nitrates de l’eau. En intervenant à la source comme les Allemands de la ville d’Augsbourg (250 000 habitants) l’ont fait en incitant, par des subventions, les agriculteurs à produire sans nitrates. Un plan de financement de subventions a été élaboré dans lesquels, pour 1 euro donné par la ville, le länd donnait 2 euros, l’état fédéral 4 et l’Europe 8. C’est une question de priorités et de volonté politique.

Nous terminerons cette riche journée en reprenant la conclusion de Jean-Claude Pierre, que nous faisons nôtre :


« Vivons plus simplement, pour que tous les hommes puissent vivre.Tout simplement. »

                                                                                                                        Gandhi

 

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P
En aparté Nicolas Morvan nous a indiqué qu'il existait un schéma départemental des carrières (http://www.bretagne.drire.gouv.fr/ssol/carriere_schema29_A.pdf)<br /> <br /> et que celui-ci semblait indiquer que les besoins du département étaient couverts.
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C
Je ne comprends pas. ça fonctionne parfaitement<br /> ??
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M
le lien sur Ellé Vivante ne fonctionne pas !
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