Blog citoyen de CAP Action Solidarité, actif sur Clohars Carnoet et la Cocopaq, sur le développement durable et solidaire, la culture, la vie associative et politique
Petit compte rendu, ...
150 personnes s’étaient donné rendez vous à 18 heures sur le site de Kerangoarec pour se rendre compte concrètement de l’impact du projet de carrières sur la vie de l’Ellé et de la campagne avoisinante.
On apprend d’abord que deux sociétés différentes, le groupe Pigeon et Eurovia, filiale de Vinci, leader européen des travaux routiers, veulent exploiter des filons (c’est le cas de le dire) de mylonite (cliquez là) pour en faire des granulats, « matériau granulaire utilisé en construction. » (routes, voirie ferroviaire, fabrication de béton).
Ils entendent le faire au travers de deux carrières distinctes et voisines mobilisant à elles deux environ 40 ha de terres agricoles situées à 200 m d’une boucle de l’Ellé.
Les nuisances les plus importantes pour les riverains seraient : le bruit (explosions), la poussière et la circulation des camions.

Plus bas, un membre de Bretagne Vivante nous indique avoir été contacté pour examiner la biodiversité sur le territoire et les risques qu’elle pourrait courir si les carrières s’installaient.
Pour lui, il y a peu de risque car la biodiversité est déjà tellement faible, en raison des pesticides présents et de l’absence de bocages, que celle-ci ne peut s’appauvrir encore davantage.
Il indique que, même si la carrière ne se fait pas, il faudra apporter de sérieuses réponses à ces problèmes sur le territoire.
Encore plus bas, un spécialiste indique avoir découvert les vestiges d’un site archéologique dans un bois environnant. Il est persuadé que ce site se poursuit sous les terrains prévus par la carrière.
Ceci n’est cependant pas de nature à empêcher les exploitations : s’il y a présomption de sites, l’exploitant devra payer les travaux de recherche et si un site est découvert, les fouilles auront lieu, puis l’exploitation pourra démarrer.
La descente se poursuit par un large chemin.
Un bois sur la droite illustre parfaitement la différence que fera plus tard Jean-Claude Pierre entre « cultiver » et « exploiter » : ce bois a été exploité, les châtaigniers remplacés par des pins devenus malades, puis le terrain a été vendu et laissé en l’état.

A la place des champignons et des animaux, ne prospèrent plus guère que les mûres.
Dernière étape avant l’Ellé, nous voyons, de l’autre côté de la rivière, un bâtiment flambant neuf. Il s’agit d’une ........ porcherie, installée, avec toute la discrétion voulue, il y a deux ans.

(Notons quand même que cette porcherie a obtenu toutes les autorisations nécessaires et l’aval de Eaux et Rivières).
Nous voici arrivés à l’Ellé. Les pêcheurs évoquent des temps pas si anciens où l’on pouvait voir de nombreuses frayères à saumons .
Ne subsiste plus qu’une frayère à lamproies.
Sur la rivière, l’on peut voir défiler une mousse blanche.

S’agit-il simplement d’écume, de produits de nettoyage de légumes, de détergents. ?
Certains parlent de la CEPAQ au Faouët (Conserverie Morbihannaise).
Il faudra éclaircir ce point.
Nos amis de l’Ellé Vivante expliquent alors quels sont les pollutions majeures que pourraient apporter les carrières à la rivière: l’acidité et le déversement de sable, qui étouffent la rivière comme à Guilligomarc’h.
Il est temps de remonter et de se rendre (eh oui, en voiture) vers le centre culturel d’Arzano où nous attendent une soupe de poisson et Jean-Claude Pierre.
Auparavant, Dominique Avelange, le président de l’association Ellé Vivante nous indique que l’association compte déjà 160 membres. Succès foudroyant qui montre que l’association répond à un réel besoin.
Le prix de l’adhésion est de 5 €. Les associations peuvent adhérer en tant que telles.
L’association, bien loin du syndrome NIBY ("not in my backyard - pas dans mon jardin en français") (cliquez là) , veut se battre, de façon globale, pour préserver la rivière sur les trois départements où elle s’étend.
Ce serait une victoire bien misérable si les carrières ne se faisaient pas à Kerangoarec mais ailleurs, avec des dégâts équivalents sur l’environnement.
« Quelle terre laisserons nous à nos enfants », c’est le thème développé par cet inlassable défenseur de l’eau et du développement durable et solidaire qu’est Jean-Claude.
De sa très riche et émouvante conférence, l’on retiendra les points suivants :
En réponse à différentes questions, il indique :
Nous terminerons cette riche journée en reprenant la conclusion de Jean-Claude Pierre, que nous faisons nôtre :
« Vivons plus simplement, pour que tous les hommes puissent vivre.Tout simplement. »