Denise Le Moigne Jacques Juloux
Présidente de CAPAS Maire de Clohars Carnoët
Clohars Carnoët le 03 août 2009
Monsieur le Maire,
Vous avez, fin juin, informé les cloharsiens de votre décision de proposer au Conseil Municipal le choix du site du «Grazeliou», à Kerzellec, pour y construire la nouvelle station d’épuration dont la commune a un urgent besoin. En cela, vous suiviez les recommandations de la commission extra-municipale nommée en octobre dernier.
Selon les informations dont dispose Cap Action Solidarité, cette commission a bien travaillé et mis tout sur la table. On peut toutefois regretter l’absence de représentants de l’opposition dont la présence aurait été justifiée non seulement par souci de concertation démocratique, mais aussi parce qu’il s’agit d’un projet particulièrement important pour la commune.
Le choix fait de la technique membranaire ne peut que nous réjouir, -cette solution permettant tout à la fois d’assurer un rejet des eaux usées de grande qualité et un gain d’espace important - tout comme celui de dimensionner cette station pour 17 500 équivalents-habitants au lieu du chiffre de 22 000 évoqué dans les études précédentes.
Il me semble toutefois, -les réactions qui se multiplient depuis cette annonce semblent le confirmer- que le choix de site ait été fait prématurément, des paramètres importants n’ayant pas été pris en compte :
- La perte de valeur immobilière potentielle pour les riverains (notamment les 30 lots, construits ou à construire, parmi lesquels 5 lots à prix réduit réservés aux primo-accédants, des « lotissements Kerzellec » 1 et 2). Dans le calcul du coût, une telle perte doit être estimée et prise en compte, car il s’agit de perte de valeur pour la commune.
- La faisabilité du cahier des charges « ni bruit, ni odeur, invisible » dont vous avez parlé. Ce cahier des charges doit être défini, la faisabilité technique assurée (notamment l’aspect paysager), le coût réellement estimé et ajouté au coût annoncé.
- Les nuisances que peut apporter au voisinage, en dehors des aspects étudiés dans le cahier des charges, une telle construction. Je pense en particulier à la circulation d’engins pendant les travaux et, en période opérationnelle, de camions pour évacuer des boues, forcément malodorantes (à raison de une à trois fois par semaine) dans une partie du chemin de Porsguen et dans la rue étroite de Kerzellec.
- Le positionnement du terrain en zone non constructible ND. Indépendamment des recours, toujours possibles, par rapport à la loi littoral, ce terrain doit, pour être constructible, faire l’objet d’une révision du P.O.S ou d’une inscription dans le PLU en cours, puis acheté. Tout ceci peut prendre beaucoup de temps et le coût du terrain doit être ajouté au coût total de la station.
- les recours inévitables des riverains avec des procédures allongeant d’autant les délais pour mettre en place la station.
C’est la raison pour laquelle, monsieur le maire, l’association CAP Action Solidarité, que j’ai l’honneur de présider, demande à ce que l’activité de la commission extra-municipale soit prolongée jusqu’à la fin de l’année, avec les modalités suivantes :
- Etude de divers scénarios possibles : le site du «Grazeliou», un autre endroit situé à une distance équivalente de l’ancienne station, le site de St Mady et le site de Keranna, en pesant soigneusement avantages et inconvénients de chaque solution, en déterminant un coût complet, incluant les travaux supplémentaires liés au site , le prix d’achat du terrain, les coûts administratifs, les pertes de valeur, les coûts de fonctionnement sur 20 ans et en déduisant les montants estimés des subventions.
A cet égard, il me parait indispensable que les coûts nécessaires pour construire la station à St Mady ou Keranna soient ré-analysés, détaillés sérieusement et publiés.
- Incorporation à cette commission de deux représentants de l’opposition (un pour chaque opposition) et d’une personne de profil « financier ».
- Etude relativement détaillée du cahier des charges « ni bruit, ni odeur, invisible » pour les différents scénarios quand le site l’exige.
- Etude des possibilités de rendre la station membranaire proche de l’autonomie énergétique. Les stations membranaires, malgré leurs qualités indéniables, présentent en effet le défaut d’être « énergivores » mais peuvent, pour compenser ce fait, être conçues pour recycler leur énergie. CAPAS, préoccupé par tout ce qui concerne le développement durable, sera particulièrement attentif sur ce point.
- Estimation du financement de l’investissement et du fonctionnement par les cloharsiens. Les citoyens doivent pouvoir avoir une idée de ce que leur coûtera cette nouvelle station, par ailleurs indispensable.
Je ne doute pas, Monsieur le Maire, de l’intérêt que vous porterez à cette demande, formulée dans le souci de l’adhésion la plus large des Cloharsiens à la solution retenue et je vous prie de croire en l'expression de ma considération distinguée
Denise le Moigne
Présidente de CAP Action Solidarité