Blog citoyen de CAP Action Solidarité, actif sur Clohars Carnoet et la Cocopaq, sur le développement durable et solidaire, la culture, la vie associative et politique
Un article publié dans le journal Le Monde du 10 juillet permet de mieux comprendre un concept d'avenir qui peut bouleverser la manière de produire, distribuer et consommer de l'électricité.
Définition
Les smartgrids, mot anglais composé dont la traduction est « réseaux intelligents » doivent permettre tout à la fois, en s'appuyant sur Internet, l'informatique et les réseaux de télécommunication de « réduire la consommation globale d'électricité, de limiter le recours aux centrales les plus polluantes et d'intégrer des milliers de sources d'énergies renouvelables ».
(Malheureusement les textes sont en anglais. On voit à l'intérieur des ovales verts (le réseau) les différents consommateurs d'électricité qui peuvent être eux mêmes producteurs d'énergie, et, à l'extérieur, les producteurs d'électricités conventionnelles ou renouvelables Sur le côté (microgrid) des consommateurs sont provisoirement isolés du réseau)
Un compteur intelligent chez soi
Un compteur intelligent sera installé chez chaque consommateur. Ce tableau de commande « communique en temps réel la consommation de chaque appareil à l'abonné et au fournisseur d'électricité ».
Selon Jean-Marc Ollanger, de la société de conseil Accenture, « le simple fait d'informer les ménages sur le détail de leur consommation leur fait réaliser entre 5% et 10% d'économies ».
De plus les particuliers, voire les fournisseurs eux-mêmes, seront capables d'arrêter ou de démarrer chaque appareil électrique selon l'état du réseau et le coût de l'électricité.
De ce fait, « les smartgrids devraient permettre d'éviter les pics de consommation qui obligent à mettre en route les centrales électriques de secours, souvent les plus polluantes »
En débranchant provisoirement les appareils non indispensables, en synchronisant offre et demande, on peut espérer arriver, selon Mr Blanchard, de l'équipementier des télécommunications Cisco, à une gestion analogue à celle d'Internet : « réorienter les flux, couper des pans entiers du réseau, en fonction des informations qui remontent ».
Ces appareils vont également permettre, de façon décentralisée, d'intégrer les multiples sources d'énergie renouvelable (éoliennes, panneaux solaires, mini hydroélectricité) fournies par des particuliers ou des entreprises, bien au delà des grands champs d'éoliennes ou usines solaires.
Enfin, alors que, d'évidence, l'énergie permettant de faire fonctionner les automobiles va basculer vers les batteries électriques dans les décennies à venir, de tels compteurs vont permettre d'amortir les pics de consommation provoqués par le chargement des batteries.
On peut même imaginer qu'il sera même possible d'inverser les flux et de puiser dans les batteries branchées une partie du courant électrique nécessaire pour absorber un pic de production.
Un marché et des coûts colossaux
Bien entendu, de telles perspectives ne laissent pas indifférentes les grandes sociétés du secteur informatique telles IBM, Cisco, Microsoft, Général Electric.
La course est lancée pour « inventer les application du smartgrids et imposer les normes de communication entre appareils ».
En 2020, prévoit Jean-Marc Ollanger, « 80% des foyers seront connectés à des réseaux intelligents ». Soixante-seize millions de compteurs intelligents auraient déjà été installés dans le monde, dont, bizarrement, près de la moitié en Italie.
Aux Etats-Unis, 4,5 milliards de dollars du plan de relance verte ont été consacrés par l'administration Obama aux smartgrids.
En France, « un programme pilote d'ERDF, la filiale réseaux d'EDF prévoit l'installation de 300 000 appareils à Lyon et à Tours ». Remplacer tous les compteurs français couterait environ 5 milliards d'euros.
Sachant que le plus couteux (six fois le prix des compteurs), équiper la totalité du réseau haute et basse tension, reste à venir, une question de fond se pose. Qui va payer ?
Les consommateurs qui maitrisent leur facture ?
Les fournisseurs qui optimisent leur réseau ?
Les pouvoirs publics qui préservent l'environnement
Développement durable
On voit dans ce projet de smartgrids une illustration parfaite du concept de développement durable.
Il s'agit en effet d'un développement économique novateur qui va créer de la richesse et des emplois dans de nombreux secteurs économiques (informatique, télécommunications, énergies renouvelables) économes en ressources et peu polluants.
Des développements qui vont permettre de réduire la consommation d'énergie, mettre au rencart les centrales électriques les plus productrices de gaz à effet de serre et intégrer massivement les énergies renouvelables