Blog citoyen de CAP Action Solidarité, actif sur Clohars Carnoet et la Cocopaq, sur le développement durable et solidaire, la culture, la vie associative et politique
Cela fait maintenant 41 ans que je suis et apprécie l'itinéraire de Daniel Cohn-Bendit.
Cela a, bien sûr, commencé en mai 68. Ou plutôt en mars
Il avait 23 ans, j'en avait 22. Ca crée des liens.
Ce n'était pas une révolution mais une belle révolte joyeuse qui a débloqué une société verrouillée.
Déjà il était « The right man in the right place ».
Celui qui aide la société à se mettre en mouvement.
Puis, sur les quarante et un ans qui se sont écoulés, il a suivi une trajectoire qui, toute modeste proportion gardée, ressemble à la mienne.
Du gauchisme au centre-gauche. Du rouge au vert.
L'anti « encarté ». L'homme des majorités d'idées. Le pourfendeur de la langue de bois.
Je comprends que certains d'entre vous puissent être irrités par l'homme médiatique, le bateleur, le côté cabotin du personnage.
Mais quel extraordinaire fédérateur !
Déjà, en 1999, il avait su remettre les Verts sur le bon chemin puis ceux-ci, de bisbilles en petitesses, étaient retombés au plus bas.
Cette année, qui d'autre que lui aurait imaginé réunir ensemble les amis de Nicolas Hulot, des associations écologiques, Eva Joly, les Verts, José Bové.
Faire en sorte qu'ils se parlent, s'apprécient, qu'ils tirent profit de leurs différences.

Quel catalyseur pour faire prendre la mayonnaise entre des personnalités charismatiques, et des électeurs en panne d'avenir.
Etre l'homme qui est là où il faut quand il faut au moment où la société ancienne arrive au bout du rouleau et attend de se mettre en mouvement pour changer de mode de production, de consommation, pour arrêter de gaspiller les ressources.
Quelle énergie pour tenir bon, malgré un début de campagne décevant, sur un programme centré sur l'Europe et l'Ecologie.
Quel débatteur aussi, même si c'est secondaire, pour comprendre en un instant, lors du débat avec Bayrou que, s'il le pousse à sortir des sous-entendus « il va en prendre plein la gueule mais Bayrou sera cramé ».
La journée de dimanche a été belle mais c'est pas gagné pour la suite des événements.
DCB a 64 ans et il a annoncé que ce serait sa dernière campagne. Je crois qu'il tiendra parole et qu'il ne fera pas le combat de trop.
Il restera certainement, de Bruxelles ou d'Allemagne, « l'ange-gardien » des Verts, comme le dit joliment Yves Cochet.
Mais c'est à nous de jouer.
Quand on connait la propension naturelle des français à chercher tout ce qui divise, plutôt que tout ce qui rassemble, on peut avoir quelques inquiétudes.
Pourtant je crois qu'il est possible de construire ensemble un grand mouvement capable de jouer un rôle majeur en 2012 et surtout de contribuer à faire évoluer la société dans le sens du développement durable et solidaire.
Par pitié, pas un NPE (Nouveau Parti Ecologique) mais plutôt une fédération moderne permettant aux organisations et aux individus de garder leur autonomie tout en agissant ensemble.
Nous avons tout à gagner, rien à perdre.
Un challenge passionnant. A Clohars, en France, en Europe.
Merci Dany.
Salut l'artiste.