Blog citoyen de CAP Action Solidarité, actif sur Clohars Carnoet et la Cocopaq, sur le développement durable et solidaire, la culture, la vie associative et politique
L'homme qui parlait sans papiers avait commencé par évoquer la planète, ses dérèglements climatiques et environnementaux, ses conflits de toute sorte, puis la crise mondiale et ses dérèglements financiers.
Il avait appelé de ses vœux une économie au service de l'homme.
Il avait fait un tour par la Cocopaq, ses solidarités et ses économies de moyens.
On se disait que c'était certainement pour mettre l'accent, concernant la commune, sur le développement durable, le soutien à l'économie locale, un plan d'économies d'énergie, les solidarités avec ceux qui souffraient de la crise, la mise en commun de ressources avec les autres communes.
Que nenni !
L'homme qui parlait sans pupitre débuta son discours sur la commune par une longue apologie du nouveau logo, celui qui est depuis trois mois sur le blog du PS.
Il expliqua la vague et le bleu par le fait que Clohars Carnoët était avant tout une commune littorale et s'étonna que la « ville » n'eût pas dans son nom un rappel aquatique comme Moëlan sur mer ou Riec sur Belon, mettant là en évidence son peu d'intérêt pour la richesse culturelle, au bon sens du terme, de la commune, qui mêle harmonieusement sur une petite surface l'Argoat et l'Armor, les plages et les bateaux, le tourisme et la pêche, la forêt et la campagne.
Ensuite, il donna ses priorités.
La première était l'urbanisme, ce qui n'était pas pour nous déplaire. Il indiqua que chacun, plus ou moins, possédait un terrain constructible (ah bon !, vous en avez un vous ?) mais qu'il fallait attendre un peu pour savoir où il serait possible de construire !
Puis il se félicita du fait que Clohars Carnoët était la seule commune à mener en parallèle quatre études sur l'aménagement : le PLU, la ZAC, le schéma directeur d'assainissement pluvial, le plan de circulation.
On se disait que, peut-être, la sagesse recommandait de mettre le PLU au centre avec son Plan d'Aménagement et de Développement Durable et que les autres études pouvaient se mener ensuite, une fois déblayé le terrain.
Qu'une telle démarche rationnelle devrait pouvoir économiser de l'énergie, du temps et de l'argent.

La deuxième était « Nautisme et Culture ». Sur le nautisme, on apprit que des crédits allaient être alloués pour reconstruire un centre nautique au bord de l'eau, ce qui éviterait aux stagiaires d'avoir à passer ¾ heure aller et retour pour accéder aux bateaux.
Bonne nouvelle car le centre en avait bien besoin mais quand même, 3/4 d'heure ?
Puis l'on passa à la culture. Ou plutôt à la peinture car l'on ne parla que d'elle hormis une référence à la construction, enfin, d'une bibliothèque.
Que l'on allait fêter avec faste le 20éme anniversaire de la maison Marie, faire un chemin des artistes digne de ce nom, avec des lieux d'exposition dans toute la commune (bonjour les frais !).
On n'avait rien contre la peinture, entre autres, dans le cadre d'une politique culturelle globale toujours non définie, mais on se demandait pourquoi refaire ce que de précédentes municipalités avaient déjà tenté avec des budgets colossaux (la maison Marie Henry a compté jusqu'à six salariés), des résultats très décevants et un désintérêt reconnu des cloharsiens.
On nous dit aussi qu'on allait réaliser les investissements très importants prévus par la municipalité précédente (NDLR - 230 000 €) sur la longère pour en faire une salle d'exposition. Folie des grandeurs ?
Avant de passer au financement il y eut un mot sur des achats massifs informatiques pour chaque classe des écoles (bonne idée, mais quel est le projet ?) et sur la solidarité avec le CCAS qui allait bénéficier d'un budget supplémentaire pour des opérations de solidarité active.
On tendait l'oreille en se disant que, enfin, on allait peut-être parler des problèmes concrets des cloharsiens, mais on la relâchait bien vite quand on nous donnait comme exemple : « permettre aux jeunes de passer leur permis de conduire ».
Jeunisme ?

On se demandait s'il allait revenir sur l'augmentation trop importante des tarifs municipaux ou si, pour le moins, il allait annoncer la mise en place immédiate du quotient familial. On fut déçu.
Quand il fallut passer au financement, l'homme qui parlait sans papier devint l'homme qui cherchait ses mots.
Il expliqua que le financement allait se faire en priorisant les dépenses de fonctionnement, en cherchant plus de subventions, et en augmentant les impôts.
On comprit sur le budget de fonctionnement qu'on allait réduire les dépenses de voirie (probablement trop importantes dans les années précédentes, mais que peut-on « gratter » en fonctionnement ?) et les autres dépenses non prioritaires.
On comprit alors que l'on allait embaucher pour la culture.
Un autre attaché culturel, un autre agent de communication ?
Le saurait-on bientôt ?
Il nous dit qu'il allait chercher des financements nouveaux du côté des subventions, idée intéressante, mais est-on certain d'obtenir grand chose pour la peinture dans la période actuelle ???
Il indiqua alors qu'il allait augmenter les impôts locaux, mais ne savait pas de combien. Bien sur, le montant des dotations de l'Etat et les bases d'imposition des impôts locaux ne sont pas encore définis à la virgule près, mais l'on doit bien avoir une idée, à quelques jours du Débat d'Orientation Budgétaire, de la somme nécessaire pour équilibrer le budget.
Voilà, c'est fini, on termine par Gauguin et le pot est servi.
L'on se frotte les yeux en se demandant si l'on est bien éveillé et si, effectivement, rien n'a été dit sur les sujets majeurs que nous évoquions en début de ce texte.
(Autoportrait de Gauguin qui se trouve à la maison Marie Henry)